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Un peu d’histoire des CEMEA

Le propos de ce travail est d’essayer de voir comment s’est déroulée l’implantation de ce mouvement en Languedoc-Roussillon, de repérer différents moments dans cette construction, de cerner à 1’occasion une originalité régionale par rapport à l’ensemble du mouvement.

Texte issu du mémoire présenté par Alain LAFFORGUE dans le cadre d’une Maîtrise d’Histoire à l’Université Paul Valéry Montpellier III - MONTPELLIER III Arts et Lettres/ Langues et Sciences Humaines (juin 1990)

Les CEMEA ont gardé jusqu’en 1986, une structure centralisée. Il était difficile d’isoler une région de l’ensemble du mouvement. Les régions vivent presque toutes au même rythme (avec des variantes locales bien entendu) mais toutes en phases soit avec les grandes étapes de l’avancement des recherches, soit avec les mouvements socio-politiques du pays. 1986 est l’année de la mise en place d’Associations territoriales autonomes.

CREATION DE LA DELEGATION DE MONTPELLIER EN 1945

Dès 1944 à Lyon, à Montpellier comme dans les autres régions, des hommes sont prêts à assurer le démarrage local des C.E.M.P.A. (le "P" de pédagogie jugé trop restrictif sera bientôt remplacé par le "E" de Education, donnant ainsi son nom définitif au mouvement : les C.E.M.E.A.).

Extrait de "Les Eclaireurs de France de 1911 à 1951 :

La plupart de ces personnes sont des responsables E.D.F., qui ont maintenant des adjoints permanents (10 en 1939 et 100 en 1945) (1).

A la tête de la province Languedoc-Roussillon des Eclaireurs de France se trouve Lucien DAUMAS, originaire de Béziers, professeur de philosophie. Il devient donc le premier Délégué régional de Montpellier. (A cette date les CEMEA comptent 16 délégations régionales).

Aimé TAILLEU ("Loup actif"), originaire du Vaucluse, a passé son enfance et son adolescence dans le Gard. A Nîmes, il est entré aux Eclaireurs de France. Pendant la guerre, entre 20 et 25 ans, il est adjoint permanent auprès du délégué des E.D.F. en zone nord à Lille. A la libération, il demande à venir dans sa région d’origine où il occupe le même poste qu’à Lille. Il devient donc adjoint auprès du commissaire E.D.F. du Languedoc-Roussillon, qui est en même temps Délégué régional des CEMEA de Montpellier.

L’imbrication entre les deux associations est très grande ; les locaux sont pratiquement les mêmes. Un secrétariat commun mais une pièce pour lés Eclaireurs, une pièce pour les CEMEA et des budgets séparés.

Les deux associations vont suivie chacune leur chemin mais longtemps après, jusque dans les années 70-80, une trace restera dans le totem scout : "Loup", "ourson", "élan" portés par quelques uns aux CEMEA de Montpellier.

LES CEMEA EN LANGUEDOC ROUSSILLON :

Les termes de "CEMEA - Languedoc-Roussillon" sont-ils justifiés pour ces premières années ?
Oui, si l’on considère qu’ils prennent appui sur un mouvement structuré en provinces.
Lucien DAUMAS est le 1er délégué régional des CEMEA de Montpellier et commissaire de la province Languedoc-Roussillon des E.D.F.

Oui encore en observant qu’au bout d’un an d’activité la délégation de Montpellier a fait des stages d’un bout à l’autre de la future région, depuis Prats-de-Mollo (frontière espagnole) à Florac en Lozère, marquant ainsi dès l’origine le cadre géographique dans lequel elle va inscrire son action.

L’EQUIPE DES DEBUTS :

Elle est composée de trois permanents : Lucien DAUMAS délégué régional, Aimé TAILLEtJ ("Loup") adjoint et Suzanne AOUST cheftaine des louvetaux E.D.F. - institutrice mise à disposition qui sera présente pendant deux ans - plus une secrétaire payée au début sur les fonds propres des éclaireurs.

Au tout début, les réunions de travail ont lieu dans l’appartement de Lucien DAUMAS, l’association n’aura un local qu’en juin 1945.
Autour de ce noyau, gravitent un petit nombre d’amis
venus, soit du milieu enseignant, soit des mouvements de jeunesse. Par exemple Louis BRUGUIERE ("ourson"), venu des Eclaireurs de Nîmes dès 1946.

En 1948, Lucien DAUMAS prend un poste de proviseur à Sétif ; Aimé TAILLEU devient délégué régional.

Le poste libre de permanent est occupé par Suzanne BOURRELY (épouse COMPERE) qui était monitrice à la maison d’enfants de "l’Enfance Ouvrière au grand air du Gard". Elle sera remplacée par Suzanne BARENE de 1952 à 1959.

En 1951, Emile COINEAU ("Elan") (instituteur mis à disposition - M.A.D.), déjà instructeur aux CEMEA de Normandie, devient permanent dans la région jusqu’en 1962.

LES PREMIERS STAGES :

Le premier stage CEMEA de moniteurs de colonie de vacances de la région a eu lieu en juin 1945 à Saint Bauzille de Putois (34) dans la colonie des Lutins cévenols appartenant aux Jeunesses républicaines.

L’équipe de permanents reçoit le renfort de Gaby VIE (commissaire de province adjointe aux louvetaux E.D.F.) et d’amis pour des interventions ponctuelles.
Les stagiaires sont une trentaine recrutés par contacts personnels.

En Octobre 1945, un deuxième stage a lieu à Prats-de-
Mollo dans une colonie de la ville de Perpignan. Cette fois un certificat de stage est délivré (il n’existe pas encore de
diplôme officiel).

En Février 1946, à Florac, a lieu le premier stage dans la région pour les Directeurs de centres de vacances.
Les locaux utilisés sont ceux de "L’Enfance ouvrière nîmoise au grand air".
Puis, multiplication des stages et contacts avec les oeuvres de vacances susceptibles de prêter des locaux : Pupilles de l’Ecole publique de l’Aude (colonies de la Bertrande et de La Nouvelle) -, Jeunesses laïques et républicaines des Pyrénées-Orientales (Colonie de "La Mauresque" à Port Vendres).

Les stages de ces cinq à six premières années sont marqués par deux aspects caractéristiques ; les conditions matérielles difficiles et le refus des stages spécifiques.

- Les conditions matérielles :
Il y avait une maison à Montpellier (le château de Bionne) qui avait été louée par la Direction Régionale des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire pour permettre aux associations, aux mouvements de jeunesse de faire des activités. On a commencé à y faire des stages en 1946. C’était une maison qui avait été occupée pendant la guerre et elle n’était pas dans un état resplendissant, bien sûr, elle n’était pas chauffée.
A Florac, il y avait un poêle à charbon dans les pièces, mais dans les dortoirs non, il y avait des couvertures. Un seul lavabo pour tout le monde et comme les stages étaient mixtes, il fallait faire des tours de rôles filles-garçons, il y avait la fontaine au milieu de la cour, on pouvait y aller se laver en cassant la glace...
Chaque fois qu’on arrivait dans un lieu de stage, il fallait souvent déménager les lits - d’affreux lits avec des sommiers métalliques qui pesaient lourd parce que les lits occupaient la place qui devait servir de salle de réunion et de salle à manger.
Le matériel personnel et le matériel de stage était réparti sur les porte-bagages des vélos des instructeurs. . .
Des conditions d’inconfort que l’on supportait bien parce que c’était le lendemain d’une époque, c’était tellement plus agréable, plus sympathique même dans ces conditions que l’époque qui avait précédée.

- Le refus de stage spécifique :
1950, nationalement, ce sont des accords avec les grandes fédérations : SNCF, Electricité de France, Houillères pour la formation de leur personnel d’encadrement des centres de vacances, c’est l’aboutissement de la politique des CEMEA de refus des stages spécifiques, réservés à une catégorie particulière.
Sur le plan de la région, un seul exemple :
— -« Il y a eu des demandes de la part de "L’enfance ouvrière au grand Air" (association à caractère social - qui datait d’avant guerre - pour les enfants des mineurs du bassin d’Alès - E.O.A.G.A.). On n’a pas fait de "stage-maison", le problème s’est plutôt situé en termes de "Venez travailler avec nous" et ils ont accepté.

- Les pratiques :
Aimé TAILLEU les a rappelées dans un discours pour le cinquantenaire des CEMEA 1 : « Dans nos premiers stages, une grande rigueur était de règle. Cette rigueur se manifestait aussi bien dans la vie collective que dans la conduite des activités : présence continue à l’internat dimanche compris, rythme de la journée ponctuée par des signaux collectifs (même s’il s’agissait de chants dits de circonstances), rassemblements, limitation de l’usage du tabac à certains lieux et moments, horaires et programmes quelque peu rigides, forme assez stricte de certains enseignements... mais tout cet arsenal n’apparaissait pas comme une contrainte trop pénible à supporter parce qu’il s’accompagnait de bonne humeur, de respect et de chaleur humaine.
Certains disent même que les stagiaires étaient maternés. Il y avait là un ensemble de moyens sécurisants pour qui abordait la vie collective, ou pour qui avait connu certains types de vies collectives repoussantes faire la démonstration vivante que des jeunes et des moins jeunes, garçons et filles d’origines sociale et culturelle diverses pouvaient réaliser ensemble une société harmonieuse
.

cf. (1) V.E.N. Languedoc-Roussillon, n° spécial "50", 1987. Bulletins Régionaux, CEMEA Montpellier.

A suivre...

CEMEA LR
Clos Barlet 501 rue Métairie de Saysset CS 10033 - 34078 Montpellier Cedex 3
Tél. : 04 67 04 35 60

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